Désistements
Désistements
Elle ne te laisse pas en repos
Ton œil va au-delà du lac
Son couvercle de tôle aux reflets sourds
Ton œil passe au-delà des failles, de la peur immémoriale
Il traverse leurs déchirures
Il mesure leurs géométries
Tu es le seul être ici qui respire
A grand ahanement de forge
Tu n’es pas des siens
Ton œil se rive aux toits des glaciers
Au flanc des arêtes bleues
Ton désir s’affole et se crispe
A chaque pierre
L’appel du temps
Le choc rêvé de la lumière
Dans chaque pas
Quelque chose qui s’accomplit
D’un jeu où l’on ne peut que perdre
Le ciel rit des ailes
Que la montagne dresse
Pour sa défense
Il claque en bleu d’étendard
Tu le suis, têtu, dans l’humilité des gaves
Tu arrives au col et le vent
A décidé de te punir
Puis il t’adopte
Main fidèle sur tes épaules
Et tu n’as plus le choix de la direction
C’est plus haut, là où il n’y a rien
Flèche noire d’un choucas
Qu’il se moque
Tu es à l’aube du sommet
Dans le tumulte des rafales
Tandis que monte vers toi l’horizon
Ce cri d’immensité bleu océan
Piqué de récifs, fouetté d’embruns, sablé d’écumes
Tout orgueil enfin se dissout
Magali Duru
2004