De Nîmes à Uzès, le temps suspendu.
Chaleur lourde sur Nîmes, samedi, sur la rue Régale, devant la librairie Teissier, où les lauréats du Prix Hemingway 2007 dédicaçaient le recueil

Le petite rue piétonne est à peu près épargnée par le fracas des bandas dont les cuivres exploseront si fort le lendemain boulevard Victor Hugo,devant la librairie Goyard.
C'est l'heure exquise, celle où le soleil n'est plus à l'à pic de la ruelle, où on déguste la bière offerte par le libraire,(merveilleux accueil des frères Teissier, attentifs, gentils et drôles, un grand merci...).
On écoute Robert Bérard, prix 2007, journaliste taurin, auteur d'une histoire de la Tauromachie incontournable comparer Juan Bautista à Pereira. Le premier, aïe, a déçu cette saison, le second, c'est tout simple: "Il fait peur!!!" (comprendre qu'il est parti pour servir de demi-dieu aux aficionados.)
Les passants, chemise noire brodée d'un toro rouge côté coeur, canotier de paille rituel, déambulent en attendant 17h 30, heure où les rues se videront d'un coup pour aller remplir les arènes (belles comme l'antique mais personnellement je m'en suis tenue à la Maison Carrée).
(photo Dominique Hasselmann)
Passe un monsieur en chemisette à carreaux bleus, le cheveu blanc. Il serre des mains, sourit, tapote le recueil 2005: "Ah celui-là, je ne l'oublierais pas! "
On m'explique à son départ que ce vacancier affable est: un ancien ministre de la Justice. Il a refusé un jour de grâcier un prisonnier. Dix ans plus tard, celui-ci, libéré, devenu écrivain, se retrouve dans le carré VIP à la corrida. Assis devant lui, le ministre, l''homme dont la signature lui a valu dix ans de prison. Il a une vue imprenable sur sa nuque... Là-bas, sur la piste, le torero officie, sacrifie le taureau. La tentation serait grande de l'imiter. Ce dilemme cornélien fera une excellente histoire qui vaudra à l'ancien détenu de rafler le prix Hemingway...
Pour s'évader de Nîmes transformée par la feria en un gigantesque café à ciel ouvert dans les parfums gras de churros, paëlla et supions, la petite "route verte" qui mène à Uzès est idéale.
A 5 km de la ville, c'est déjà la garrigue, mais une garrigue printanière, verdoyante, rutilante de fleurettes roses et de coquelicots.
On longe bientôt le Gardon, au fond de ses gorges.
Puis on le traverse par le pont Saint-Nicolas que domine la masse d'une chapelle et d'un mas austères comme une commanderie de Templiers.
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Un peu avant Uzès, Saint-Quentin La Poterie, village de potiers.
Touffeurs de midi sur les ruelles anciennes, pavées en couleur.
Touffeurs de midi sur les ruelles anciennes, pavées en couleur.
Eclat de quelques façades résolument crépies de rouges et ocre.
On tombe en arrêt devant la vitrine du charcutier, qui consacre en trois fresques un triomphe à l'amour vache.
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Plus loin, un restaurant bleu pastel propose des nourritures plus angéliques...
Au bas du village, le mas des Caroubiers (qui fait aussi chambre d'hôtes, ce doit être un rêve de séjourner ici), propose la visite de son jardin secret.
A Uzès, la vie s'écoule, voluptueuse, à l'ombre des tours du Duché, sur les placettes de pierre blanche.
A la terrasse du café, préférer si l'on peut la table clin d'oeil publicitaire au cachou Lajaunie
dont l'adresse du fabricant rappelle discrètement qu'il est temps de rentrer à Toulouse..
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