Quizz: les résolutions finales d'Alice
Résolutions finales
Alice attend. Elle est psy, c’est son métier, alors elle écoute et elle attend.
Elle écoute Lilas, ou plutôt les plaintes, les hésitations, les réticences, les éventuels lapsus de Lilas, la patiente à qui elle fait un bout de conduite accompagnée.
- Nicolas, cette fois-ci, j'en suis sûre, c’est l’homme qu’il me faut ! soupire Lilas dès qu’elle émerge un peu de la zone de silence qui sert de ligne de fuite à ses fantasmes.
L'homme qu'il lui faut! Un vrai syndrome du Père Noël, pense Alice. Leurre de gloire par procuration, en plus, puisque Lilas n'aime que des célébrités. Cas de figure 38.
Car certains matins, Alice supporte si mal de lire dans les pensées d’une autre en toutes lettres qu’elle s’adonne à de vicieuses classifications, fait dans le zoologique.
Sur le divan, Lilas soupire encore, se tourne, remue les mains.
Alice lui lâche un « Plaie d’agent n’est pas mortelle, si ? ». Jeu de mot, ambiguïté calculée, privilège d'une lacanienne ...Lilas répond oui, puis non, puis je ne sais pas, puis fond en larmes, se noie dans ses sanglots.
Fluctuat et mergitur, l'hystérie veut tout à la fois, tout le temps. Et le contraire.
Alice attend.
Il doit bien y avoir un moyen d’aider Lilas, ou les règles de l’art ne seraient pas universelles mais Lilas en a-t-elle envie ? Est-ce qu’elle ne préfère pas répéter avec ce Nicolas qu’elle vient de rencontrer un scénario si bien éprouvé qu’il doit bien lui apporter quelque plaisir?
Il y a deux ans, c’était Jacques, l’homme qu’il lui fallait, doté de toutes les perfections.
Au bout de quelques mois, elle avait l’air d’avoir moins envie de danser avec lui ce pas du crabe désir-amour-passion-déception-mépris-rejet qu’elle aime tant.
Puis elle l’avait déclaré tête de turc, présumé coupable, lui avait interdit de revenir chez elle.
Et suivant ses voeux, il avait disparu.
Les mains de Lilas s’agitent, ses doigts se crispent.
Alice attend. Toute son attention flottante en éveil. Disparu, ah bon ?
Elle se penche sur la jeune femme.
- Disparu comment ? Comme l’avant-dernier, ce…euh.. Lionel ?<!--[endif]-->
- Lionel ? Non, murmure Lilas, non, celui-là je l’avais converti en grammes.<!--[endif]-->
Alice sourit. On finit toujours par trouver.
Elle n'est pas plus choquée que ça. C'est son métier, la….
Magali Duru.
Au détour de certaines phrases, certains lecteurs ont pu reconnaître des expressions "qui leur disent quelque chose"...
Sauriez-vous retrouver l'auteur dont j'ai ainsi réutilisé les titres de nouvelles? Et compléter les pointillés:
" C'est son métier, la..."